Franco Salas Borquez (né en 1979)

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La facilité pourrait être de commencer par évoquer ses faits d’armes. C’est-à-dire de rappeler qu’il a reçu, au Musée naval de Madrid, en 2010, le Prix de l’Institut d’histoire et culture maritime d’Espagne. Ou alors de souligner qu’à tout juste trente-trois ans, ce peintre chilien, né en 1979 sur l’île de Chiloé, avait accroché ses tableaux, non seulement au Musée naval de Madrid, mais aussi au Musée naval de Punta Arenas, au Yacht-club de France et au Musée de la citadelle de Saint-Tropez. Ce qui donnerait à croire, ainsi qu’on l’affirme généralement, que Franco Salas Borquez est le nouveau des grands peintres de la mer. Mais chacun comprend, devant ses toiles, qu’il s’agirait-là d’une méprise. En réalité, ce démiurge est moins le peintre de la mer qu’il n’est le peintre de l’espace, le peintre de l’infini. Il est à l’ailleurs ce que Pierre Soulages veut être à l’outre-noir.
Certes, des vagues… Des vagues incommensurables, innombrables, insondables et, sans doute, par la qualité de la touche, par leur puissance et leur légèreté, par la force et l’énigme qu’elles proposent, des vagues que l’on devine, picturalement parlant, inimitables… Par quelle magie Franco Salas Borquez réussit-il à rendre à la fois la matière, la forme et l’invisible ? À ranimer, au gré de ses océans tumultueux, l’éternel mystère du « gouffre universel » et de « la bouche d’ombre » qu’invoquaient Hugo et Rimbaud ? Question qui a trait, bien sûr, à la philosophie tant il est permis de chercher, dans les soubresauts de la vague, les soubresauts de ce que Robert Anthelme a nommé « l’espèce humaine ». Et puis, sur le pur plan de l’art, une question capable de nous occuper très longtemps… Car l’évidence crève les yeux : si jeune encore — quarante ans lorsqu’il nous rejoint au Centre Cristel Éditeur d’Art —, Franco Salas Borquez est un maître.

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Œuvres de Franco Salas Borquez

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